L'aube fleurie

L'aube fleurie

Elle danse...

Et tournent les avions, mugissent les canons…

Les bottes des soldats martèlent le sol dur,

Tandis que la chanson des troupes à l’unisson

Coule le noir poison d’une bataille impure.

 

Et elle, là-bas, elle danse,

Elle danse pour ne pas crier.

 

Le regard de la mort scrute un sein famélique,

Se nourrit d’un amour profond mais désarmé,

Dans le triste décor des arbres squelettiques

Habité de vautours aux regards acérés.

 

Et elle, là-bas, elle danse,

Elle danse pour ne pas pleurer.

 

Une écume blanchâtre a recouvert la mer

Et les ventres gonflés des poissons irradiés

Flottent dans l’air noirâtre étouffant et amer.

Les mouettes affamées se ruent sur leurs déchets.

 

Et elle, là-bas, elle danse,

Elle danse pour ne pas vomir.

 

Les discours sirupeux distillés dans le fiel

Enrôlent les marchands, le peuple et les prélats.

Les Alizés joyeux les portent dans le ciel,

Les habillent de blanc, les parfume à l’orgeat.

 

Et elle, là-bas, elle danse,

Elle danse pour ne pas mourir de désespoir,

 

Danse pour oublier, un instant seulement,

Que la terre orpheline est couverte de sang,

Danse pour réveiller, pour un jour, pour un an,

L’âme belle et mutine des espoirs du Levant.

 

 

 

MP

 

 

 



27/09/2011
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