L'aube fleurie

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Journal d'une terrienne 11/08/2019 : la bataille médiatique

Cher journal,

 

   Étrange époque que la nôtre… où l’avenir de l’humanité se joue sur les ondes. Oui, je dis bien sur les ondes. Une grande tempête médiatique a lieu en ce moment même et nous ne nous en rendons même pas compte. Des petites batailles ici ou là, des attaques armées de mots, de clichés, de fausses certitudes, de mensonges, de quolibets, d’insultes, d’outrages, à grands coups de peurs actuelles ou rétrospectives. Les médias y allant de leurs propres outils, abandonnant de plus en plus souvent et avec de moins en moins de culpabilité leur propre déontologie. Certains d’entre eux ont parfaitement bien intégré le principe de liberté d’information et d’expression sans aucune censure, mais semblent avoir mis de côté l’obligation de respect de la personne et de la vérification par les faits, stipulés dans La Déclaration des Droits et Devoirs des Journalistes.

 

   Loin de moi l’idée de faire le procès des journalistes. Dieu merci il en existe encore d’excellents, conscients de leurs responsabilités, intègres, sincères, loyaux, courageux, respectueux d’une certaine déontologie mettant le respect de l’humain au-dessus de toute autre considération. Et j’en appelle d’ailleurs à eux, comme j’en appelle aux derniers penseurs de ce temps restés impartiaux et soucieux du bien-être commun sans considération de leur propre ego. Car notre monde insensé est en train de produire des mutants de l’information. Des personnes inconscientes qui divulguent ou relaient à peu près n’importe quoi sans aucune vérification des faits et qui, confortées par le succès médiatique remporté, continuent et amplifient leurs actions, sans plus aucun scrupule, galvanisées par leur propre audace et le pouvoir incroyable que leur donne celle-ci. On assiste à une montée en puissance des mégalomanes de tous bords qui créent le buzz, certes, mais en même temps le chaos, sans en être toujours conscients. Ou parfois en l’étant complètement. Car le chaos peut être très rémunérateur pour certains.

 

   C’est ainsi que le téléspectateur et internaute lambda que je suis, cher journal, en arrive à ne plus savoir qui dit la vérité ou qui ment, qui est crédible ou ne l’est pas. Entre les politiques de tous bords qui pondent des lois utiles et nécessaires ou superflues et insensées ; ceux qui les rejettent d’office par pur esprit de contradiction ; ceux qui en tirent profit en les utilisant à leur avantage ; les intellectuels et scientifiques qui les soutiennent ou au contraire les contredisent ; les détracteurs qui refusent tout en bloc, à bon ou à mauvais escient et en appellent les citoyens à faire de même ; les détenteurs de l’autorité qui crient aux fuck news à bon ou à mauvais escient selon ce qui les arrange ; qui croire ? Comment faire la part des choses ? Comment faire le tri dans tout ça ? J’avoue, cher journal, que moi je m’y perds de plus en plus. J’ai mes convictions, certes, et celles-ci ne bougeront jamais d’un iota, je te le garantis, mais n’étant spécialiste ni en médecine, ni en biologie, ni en aéronautique, en économie, ni en tout autre discipline importante pour le bon fonctionnement de notre société humaine, je suis bien obligée de faire confiance à ceux qui le sont. Ceux qui ont fait de longues études pour cela et devraient tous être à même, normalement, de nous conduire sur la voie la meilleure pour le bien commun. Hélas, mon intuition me dit que ce n’est plus très souvent le cas, et tu veux savoir pourquoi, cher journal ? Parce que dans tous ces domaines comme dans d’autres, l’éthique a disparu du paysage. Ce qui penche toujours dans la balance, de quelque côté que l’on se tourne, c’est l’argent. C’est le cas même dans les religions et c’est bien pourquoi nous assistons à des dérives inimaginables au sein même des églises. Cher journal, l’éthique devrait être ce qui domine dans toutes les activités humaines, c’est notre seule chance de salut.

 

   C’est pourquoi je noircis tes pages aujourd’hui pour en appeler aux derniers intellectuels, philosophes, penseurs, sages, qui ont gardé précieusement en leur esprit, en leur cœur et en leur âme cette éthique fondamentale qui place le respect de l’être humain et du vivant au-dessus de toute autre considération. Nous vous attendons, Messieurs, Mesdames, et nous vous suivrons, car le monde de demain respectera cette éthique ou ne sera pas. C’est aussi simple que ça.

 

MPV

 

 



11/08/2019
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