L'aube fleurie

L'aube fleurie

La haine est un coeur qui saigne

 

   

 

                                      

 

 

A moi aussi, tu m'as lancé un regard menaçant. Un rictus carnassier a déformé les traits de ton visage d'habitude si beau, puis les mots sont sortis, acides, brûlants comme la lave jaillissant d'un volcan en furie.

Tout ton corps en a été immédiatement recouvert, se figeant dans le poison de ta propre haine.

 Mais moi, c'est ton coeœur que j'ai vu saigner.

 

   Lorsque quelqu'un nous agresse verbalement, de manière intempestive, avec méchanceté, mépris ou ironie, ce qui compte, ce n'est pas tant les mots prononcés que notre manière d'y réagir. Si nous décidons de ne pas nous sentir blessés par ces mots, nous ne le serons pas. En les renvoyant calmement à leur propriétaire, nous leurs redonnons la place qui est la leur : hors de nous.

   Il ne s'agit là ni de lâcheté ni de faiblesse. Il s'agit de désamorcer le conflit en plaçant l'agresseur face à lui-même. Inévitablement, lorsque sa colère aura perdu de son énergie, parce que nous ne l'aurons pas alimentée, il ne pourra faire autrement que de réfléchir. Et à moins que nous ayons affaire à un pervers psychopathe totalement prisonnier de sa folie ou de sa perversité, il y a peu de chance que notre agresseur verbal se plaise longtemps dans cette situation inconfortable. Car le miroir qu'il se trouve obligé de regarder lui renvoie une image beaucoup plus laide que sa propre souffrance. Mais quand il aura bu la coupe amère jusqu'au bout, il sera prêt à revenir vers nous, avec, cette fois, des mots calmes, civilisés et respectueux. Il pourra nous dire sereinement ce qui, dans notre attitude ou dans nos paroles a provoqué en lui ce comportement disproportionné. Et nous pourrons alors, en toute sérénité, entamer un dialogue libératoire et constructif.

 

   Il en va des relations entre les peuples comme des relations entre les êtres. Lorsque qu'un être baigne tout entier dans le poison de son ressentiment, au point que ses mots ne peuvent être autre chose que des flèches empoisonnées, c'est bien souvent son cœoeur d'enfant blessé qui saigne.

   Lorsqu'un peuple ou une partie d'un peuple baigne tout entier dans l'amertume de sa rancoeœur, envers ceux qui ont bafoué ses droits les plus élémentaires, au point que son langage ne peut plus passer que par les armes, c'est son âme de peuple abandonné qui souffre.

 

 

Martine PV

 

 

 

 

 

 

  

 

 


06/03/2010
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 142 autres membres