L'aube fleurie

L'aube fleurie

Le messager

 

Rouge gorge et œil vif il est venu chez moi,

Tout tremblant et chétif il a bravé le froid,

S’est posé doucement sur une fine branche

Tout habillée de blanc, tel un radieux dimanche.

 

Tout était silencieux comme en la nuit profonde,

Sur la terre et aux cieux, dans le vent et sur l’onde,

Un nuage divin anoblissait les lieux

Immaculé matin, dépouillé, lumineux.

 

Mais mon cœur en hiver craquelait sous la glace

Et les songes d’hier prenaient toute la place.

C’est alors que l’oiseau s’est posé devant moi,

Par son regard si beau il m’a mise en émoi.

 

Plus je le contemplais, par delà mes soupirs,

Et plus son œil semblait espérer mon sourire.

Il me parut entendre siffler dans sa tête,

Car il ne chantait pas, mais sa voix guillerette

 

Parvenait à mon cœur épuisé de tristesse

Qui battait sans ardeur en ce jour de détresse.

Rouge-gorge amical me faisait des clins d’œil

Dans ce froid hivernal pesant comme un linceul.

 

Tout doucement mes yeux se sont clos de douceur

Et j’ai senti les cieux m’envahir de bonheur.

Quand je les ai rouverts, l’oiseau n’était plus là

La branche de travers ployait sous le verglas.

 

Elle était biscornue mais si belle pourtant

Vision inattendue noyée dans tout ce blanc…

Habitée par l’absence au souvenir divin

Une tendre présence habillait son écrin.

 

Et alors j’ai compris à travers cette image

De l’oiseau reparti en laissant son message,

Qu’un ange était venu égayer mon matin,

En mon âme perdue, effacer mon chagrin.

 

MPV

 

 

 

 

 

 

 

 

 



25/01/2019
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