L'aube fleurie

L'aube fleurie

Le prisonnier

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Prisonnier d’un secret si pesant, si terrible,

Il voyait chaque objet comme un malheur possible,

Soupçonnait en chaque être un instinct maléfique,

La chanson du paraître en sa douce musique.

 

Missionnaire averti pour la cause du monde,

Mais le cœur-nostalgie, mais l’âme vagabonde,

Il rêvait d’une terre en autre galaxie,

Où l’homme serait fier d’avoir autant d’amis,

 

Où il arrêterait de vouloir imposer,

Où il déciderait de chacun respecter

Et où il bannirait l’idée même de guerre,

Où ne subsisterait plus aucune frontière,

 

Ni pour l’épi de blé, ni pour le miel doré,

Ni pour l’herbe des prés ou les fleurs de l’été,

Ni pour l’eau de la vie ou l'air qui vivifie,

Ni pour l’homme qui prie ou celui qui renie,

 

Où l’on ne verrait plus pleurer des enfants nus,

Egarés, éperdus, leurs parents disparus,

Où l’on n’entendrait plus les cris de désespoir,

Sous la voûte des nues pleurant des cendres noires,

 

Où l’on verrait chanter les hommes à l’unisson,

Sans aucun intérêt, sans aucune raison,

Sans avoir obéi à aucune injonction,

Sans même avoir appris, sans autre partition

 

Que le désir de vivre ensemble en liberté,

Dans l’amour qui enivre et fait mûrir les blés,

Fait s’épanouir la rose et fleurir le muguet,

Anime toutes choses en un monde parfait.

 

Mais voilà il n’était qu’un homme sur une île.

De ce monde imparfait, impatient, malhabile,

Il n’aimait pas les lois, il n’aimait pas les peurs,

Ni cette fausse foi distillée dans les cœurs.

 

Mais plus il avançait sur son île déserte,

Et moins il ne trouvait de la tendre herbe verte.

Il goûtait le poison des heures assassines,

Sans espoir ni raison, il suivait la routine.

 

Il avait oublié qu’ailleurs, en d’autre lieux,

D’autres fervents chercheurs, qu’ils soient athées ou pieux,

Comme lui ont des rêves et cherchent une lumière,

Espérant une trêve en regardant la mer,

 

Où glissent sous le vent ce bateau de l’espoir,

Fait du bois élégant de leurs belles histoires,

Ces contes pour enfants, plus riches qu’on ne pense,

Qui font d’un mur tremblant une maison immense,

 

Bâtie main dans la main et surtout cœur à cœur,

Avec des petits riens, de tous petits bonheurs,

Ces tous petits cailloux qui ressemblent aux pépites,

Pour tout homme à genou, qu’un grand espoir habite.

 

 MPV

 

 

 

 



 

 



30/04/2013
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