L'aube fleurie

L'aube fleurie

Tempête / Storm

 

 

TEMPETE

 

 

Ils quittèrent le port par un matin d'été.

Le soleil, haut et fort, guidait leur équipée.

L'horizon fabuleux, brillant de mille feux,

Allumait dans leurs yeux des étincelles bleues.

 

Ils avaient l'avenir en haut de leur trois-mâts,

Bleu à n'en plus finir, à en mourir de joie.

Ils voguaient en sifflant, comme des goélands,

En oubliaient le temps, libres comme le vent.

 

Et le grand vent souffla dans les voiles gonflées.

Un nuage passa et ne fit que passer.

Un deuxième approcha, avant de s'en aller,

Un troisième arriva, celui-là pour rester.

 

Nuage après nuage, apparut le ciel gris.

Un vigoureux orage fit surgir la nuit.

L'horizon ténébreux, devenu monstre hideux

Alluma dans leurs yeux peur panique des Dieux.

 

Les zébrures dorées des éclairs foudroyants

Tombaient dans l'eau violée, vifs et tonitruants.

Le bateau chancela sous la vague démente,

La coque se tourna, frappée par la tourmente.

 

Au large de l'ilot, paradis des oiseaux,

Où nos fiers matelots menaient leur beau bateau,

Du trois-mâts solitaire, il ne resta plus rien,

Que trois hommes à la mer, accrochés à des riens.

 

Immergés dans l'eau bleue, la tempête passée,

Ils levaient vers les cieux un regard effaré,

Pleurant leurs chers amis, disparus dans les flots,

Arrachés à la vie, si terriblement tôt.

 

Bientôt, ils eurent froid, inertes et hagards,

Ensemble tous les trois, nagèrent au hasard.

Aucune terre en vue, des requins alentour,

Ils n'avaient guère plus de chance de retour.

 

L'un d'eux ferma les yeux et se mit à prier :

« Allah, ô Dieu des Dieux, viens vite nous sauver,

Ne laisse pas la mer nous prendre dans ses bras,

Que le ciel nous éclaire et nous montre la voie. »

 

Le deuxième lui dit : « il faut prier Yahvé,

Il est le seul ami qui puisse nous aider. »

« Grand Maître de la vie, si tel est le destin,

Epargne nos esprits, sauve-nous des requins.»

 

Le troisième s'y mit, à son tour déclara :

« Le seul, c'est Jésus Christ qui, déjà, nous sauva. »

« Tu es mort pour sauver l'humanité entière,

Viens donc nous délivrer de ce soleil d'enfer. »

 

Le premier demanda : « Qui de nous a raison ? 

Qui nous ramènera, sains, saufs, à la maison ?

Allah ? Ou bien Yahvé ? Ou alors Jésus Christ ?

Qui de ces déités a le pouvoir de vie ? »

 

Le deuxième homme dit : »Ce n'est pas difficile,

Qui veut sauver sa vie doit tenter l'impossible,

Mettre dans ses actions la foi qui émerveille

Et pour lui s'ouvriront les écluses du ciel.

 

Celui qui survivra à la mer, au soleil,

Celui qui parviendra à fuir le long sommeil,

Méprisant la fatigue et l'atroce douleur,

Comme l'enfant prodigue atteindra le bonheur.

 

Et le vrai Dieu sera, c'est à n'en pas douter,

L'un qui de l'au-delà a vraiment inspiré

Aux marins que nous sommes amitié de celui

Qui pour les autres hommes aurait donné sa vie. »

 

Après quatre longs jours, épuisés et meurtris,

D'un aller sans retour vers des cieux évanouis,

Une voile parut à l'horizon nacré,

Par leurs cris éperdus, de sa voie fut déviée.

 

Dans un ultime effort, ils montèrent à bord,

Louèrent leur bon sort sous les chauds reflets d'or

Et l'on ne sut jamais, quand ils furent au port,

Quel Dieu grand les avait arrachés à la mort.

 

Martine (Arc-en-ciel)

 

 

 

 

 

They left the port by a summer morning .

The sun , loud and clear, guiding their escapade .

The horizon fabulous , shining with a thousand lights

Lit in their eyes blue sparks .

 

They had the future of their top three masts

Blue endlessly to die of joy.

They sailed whistling, like gulls ,

In time forgot , free as the wind .

 

And the great wind blew in the sails filled .

A cloud passed and only passed .

A second approached , before leaving ,

A third arrived , this one to stay .

 

Cloud after cloud, appeared the gray sky.

A strong storm raised up the night .

The gloomy horizon , become hideous monster

Lit panic in their eyes of the gods .

 

The golden streaks of lightning flashes

Fell into the water breached , lively and raucous .

The boat reeled under a wave insane

The hull is turned , hit by the storm .

 

Off the island , a paradise for birds

Where our proud sailors carried out their beautiful boat ,

The three -masted solitary, he was nothing left ,

That three men at sea, clinging to nothing.

 

Immersed in the blue water, the storm passed ,

They rose to the heavens looked bewildered ,

Mourning their dear friends , disappeared in the waves ,

Torn from life , so terribly early .

 

Soon , they were cold , lifeless and haggard,

Together all three swam randomly .

No land in sight , sharks around ,

They had little more chance of return.

 

One of them closed his eyes and began to pray:

"Allah , O God of Gods , come quickly to save us ,

Do not let the sea take us in his arms,

Let us light the sky and shows us the way. "

 

The second said : "we must pray the Lord

It is the only friend who can help us. "

"Grand Master of life, if that is the fate

Saving our minds , save us from sharks . "

 

The third put it , in turn said :

"The one is Jesus Christ who already saved us . "

"You're dead to save mankind,

Come deliver us from this sun of hell . "

 

The first asked : " Which of us is right ?

Which brings us back , healthy , safe, at home ?

Allah Or Yahweh? Or Jesus Christ ?

Which of these deities has the power of life? "

 

The second man said : " It is not difficult

Who wants to save his life must attempt the impossible ,

Put faith in his actions , which enraptures

And it will open the floodgates of heaven.

 

Those who survive the sea, the sun ,

Whoever can escape the long sleep,

Disregarding fatigue and excruciating pain ,

Like the prodigal son reaches happiness.

 

And God will be true , it is no doubt

One that the above really inspired

For sailors we are one of friendship

for other men who would give his life. "

 

After four long days , exhausted and bruised ,

One way journey towards heaven vanished

A sail appeared on the horizon , pearl

In their frantic cries , his path was diverted.

 

In a final effort , they came on board,

Praised their good spell in the warm golden reflections

And we never knew when they were in port,

What a great God had saved from death.

 

Martine (rainbow)

 

 

 



06/05/2009
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